Rose is Rose Bonnefoy

Peintre - créatrice

La marque de l'artiste« Elle a l’impression que le parcours qu’elle me raconte est épars, fait de sauts de puce entre différents lieux et activités. Pourtant, la ligne est claire. Rose Bonnefoy sait depuis longtemps ce qu’elle veut, utiliser cette magie qu’elle a au bout des doigts pour faire ressortir la beauté de toute chose.
Et nous mettre des étoiles dans les yeux en peignant, par exemple, des légumes. Ou comment un brocoli et une carotte ont un pouvoir d’émotion insoupçonné !
 

Elle fée partie d’une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), alors le fait de recevoir chaque semaine de super beaux légumes lui a donné envie de les montrer, de les photographier.
Et de les peindre. « J’ai commencé par une botte de radis à l’aquarelle. Puis j’ai réfléchi à ce qui pouvait être beau sur un t-shirt. Le fenouil, qui ressemble à un cœur avec des artères et ce blanc hyper pur.
Le brocoli, qui me fait penser à un arbre. Et la carotte, que j’ai voulu rendre unique en lui donnant toute son importance… »

Non, Rose n’est pas une douce illuminée, même si elle est lumineuse. C’est une artiste-peintre diplômée des Beaux-Arts, qui aime la mode et qui a eu la bonne idée de faire sortir la peinture d’entre quatre murs en faisant imprimer ses toiles sur textile ! « Le retour aux choses saines, l’effet bio m’influencent dans ma consommation, dans mes gestes au quotidien. J’ai eu envie de défendre ça, je fais passer un message en série limitée sur des t-shirts en coton bio et avec une impression qui injecte directement les encres dans la matière… » La fée, qui arbore avec jubilation un t-shirt Radis confirme : le tissu est fin et doux, et les couleurs vraiment belles.

C’est donc par la plate-forme de financement de projets Ulule que la fée connaissance avec Rose, et par l’entremise d’un t-shirt, j’ai découvert son univers. Et là en écrivant son portrait, je retourne regarder ses toiles sur internet, et je suis de nouveau conquise. Elle réussit à me toucher avec des souvenirs d’enfance, partie de pêche à la mare, visite au zoo, tout comme avec une vieille paire de chaussures dont l’une est déglinguée par la mer, ou encore le contenu d’une poubelle. Hé ouais, de détritus, elle fait une belle composition : « Des vides et des pleins, des géométries, des jeux de couleurs et ce bord de poubelle qui vient cadrer le tout. » C’est d’ailleurs cette toile, commencée à l’école dans le cadre d’une thématique sur l’accumulation, qui conforte définitivement l’artiste, lorsqu’elle la termine enfin, dans l’idée qu’elle veut peindre avant tout.

Peindre, c’est ce qu’elle fait depuis qu’elle est enfant, ses parents l’ayant inscrite vers 10 ans aux Beaux-Arts. « Déjà à fond, mon truc alors c’était les personnages de Disney, dessinés au crayon aquarelle. Je les ai tous faits ! » Pourtant, une fois adulte, son premier réflexe est de faire une fac de langues. Mais au retour d’un voyage Erasmus en Angleterre, Rose effectue une mise à niveau en Arts appliqués pour préparer les Beaux-Arts. « Mais je n’étais pas axée sur la peinture, et tout le monde me disait que l’art n’avait pas de débouchés. » Alors la miss signe pour cinq ans d’études de design. Sans vraiment s'y épanouir. Pendant ce temps, la peinture continue de lui faire des appels du pinceau, et elle réussit à en mettre dans le design : « On devait travailler sur les objets en série Ikea. J’ai choisi de peindre une toile de 1,50m sur 2m, qui reprenait l’affiche d’une pub pour un canapé, une peinture-objet qui fut exposée au Musée de l’Objet à Blois pendant la Nuit des Musées. »

Rose bifurque donc pour de bon en sortant de son école de design. Mais elle garde cette sensibilité à la beauté de l’objet, le plus quotidien soit-il. Et des objets, elle en ramasse ! Cela s’appelle « glaner » et c’est un instinct qui lui vient de son père. « Ma mère, c’est plutôt l’intellectuelle, elle m’achetait des bouquins et des calendriers sur les peintres. Mon père, c’est le manuel, qui m’a transmis son goût de se raconter une histoire à partir d’un bout de corde et d’un vieux gant trouvés en marchant… On a toujours fait ça, c’est resté. » Et la marche, c’est la passion de Rose ! « La marche donne un regard différent sur ce qui nous entoure, dans un rythme ralenti, à contre-courant de la société de consommation. » Elle en fait son thème de mémoire aux Beaux-Arts : L'art de flâner, petites histoires de marche en ville. (…)

Rose aime composer sur de grands formats. Acrylique ou aquarelle, elle expérimente, dessine, esquisse, peint, repeint, dépeint... « J’ai toujours besoin de dépasser mes limites sur un sujet, j’ai l’impression que je n’ai jamais fini un tableau. Alors je le mets de côté pour revenir dessus, ou tout recommencer ! » Figuratif - la fée a envie de dire impressionniste - son travail est intuitif, et ses sources d’inspiration multiples. Rose sait reproduire la réalité au plus près et peint d’après les photos qu’elle prend ou qu’elle pioche au hasard, comme celle de l’ours au zoo, qu’elle avait prise étant petite, retrouvée dans une commode. Et la peintre réfléchit d’ores-et-déjà à une série sur les coquillages et crustacés. Attention, talent en barres, ces t-shirts-là pourraient bien devenir collector… »

 

Article paru en septembre 2015 dans le E-magazine La Fée. (www.la-fee.fr/)

Photo portrait Taï-nui.

Retrouvez les peintures de Rose Bonnefoy en ligne sur Saatchi. (http://www.saatchiart.com/account/artworks/675543)